AGRICULTURE NEWS #34: Commerce illégal de cacao : Plus de 14 tonnes saisies à Aboisso

AGRI News 34

Les fraudeurs ont été pris la main dans le sac avec une charge de 11,200 t de cacao.

Commerce illégal de cacao : Plus de 14 tonnes saisies à Aboisso

La délégation régionale du Conseil du café cacao (Ccc) d’Aboisso a intercepté, les 10 et 11 avril, à Bianouan et Maféré, deux camions chargés de cacao destiné à la vente au Ghana. Le responsable de la délégation, Kangah Eugène Kouamé, a révélé que les véhicules transportaient au total 14,280 t de cacao. Le premier, a-t-il ajouté, a été intercepté, le 10 avril, sur l’axe Songan-Attiékro, dans la sous-préfecture de Bianouan.

En fait, l’agent qualité et prix de la délégation du Conseil du café-cacao en service à Bianouan, a constaté un camion suspect en direction d’Abengourou.

Il l’a arrêté, souhaitant voir son connaissement (document de convoiement informatisé) qui, après contrôle, s’est avéré être un faux. C’était une pièce manuscrite contenant des signatures non conformes. Aussi a-t-il fait retourner la charge de 3,280 t de cacao de la Société coopérative ivoire négoce (Scin) à son magasin et informé sa hiérarchie.

Sur ordre du préfet Boni Koffi Ernest, la gendarmerie a épinglé le chauffeur et le convoyeur du véhicule. Ils ont été aussitôt mis à la disposition de la justice pour répondre des délits de commerce illicite de cacao, d’usage de faux et d’usurpation de titre. Quant au second camion, il a été intercepté, dans la nuit du 10 avril, vers 23 h, grâce à une information anonyme que l’agent qualité et prix de Maféré a aussitôt vérifiée.

Les fraudeurs ont été pris la main dans le sac avec une charge de 11,200 t de cacao. L’opérateur Malan Fianlin, dont le magasin n’est pas immatriculé et qui n’est connu dans aucun fichier de la filière, a été également arrêté avec tous ses complices et déférés au parquet. Vu que la délégation du Conseil du café-cacao a porté plainte contre ces agresseurs de l’économie ivoirienne.

Kangah Eugène Kouamé a exhorté les planteurs et opérateurs économiques à se détourner de cette pratique qui est passible de poursuites judiciaires et fait perdre des ressources à l’État de Côte d’Ivoire. Il leur a également recommandé de faire confiance à l’État qui est soucieux du bien-être des populations.

Espérant des lendemains meilleurs puisque le cacao ivoirien est reconnu mondialement de meilleure qualité. Tout en remerciant les personnes anonymes qui les aident dans leur mission, il n’a pas manqué de demander à la population de dénoncer les fraudeurs.

OUATTARA ABOUBACAR

Correspondant Régional

Source: https://www.fratmat.info/index.php/economie/item/37970-commerce-illegal-de-cacao-plus-de-14-tonnes-saisies-a-aboisso

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AGRICULTURE NEWS #33: Sangafowa Mamadou :On ne peut pas contrôler 60% du marché de cacao et continuer à subir

AGRI News 33

La Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao a décidé de prendre ses responsabilités face à la baisse des coûts sur le marché mondial de cette spéculation. L’annonce a été faite le vendredi 31 mars 2017 à Grand-Bassam par le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Sangafowa Mamadou Coulibaly, lors du séminaire-bilan de son département ministériel.
« Pour la campagne intermédiaire, le prix du cacao a été fixé à 700 FCFA. Depuis 2013, date du début de la campagne sur la base des réformes, c’est la première fois que le prix du cacao est revu à la baisse. Cela est lié au cours mondial qui a baissé de 35% en quelques mois. Le gouvernement a décidé de renoncer à certaines taxes et d’engager, à travers le ministère de l’Agriculture et du Développement rural, des concertations avec les pays producteurs pour comprendre la chute brutale des cours et anticiper. Nous allons engager ces concertations avec le Ghana à travers le rapprochement de nos structures en charge de la question. On ne peut pas contrôler 60% du marché du cacao et continuer à subir le marché », a indiqué Sangafowa Mamadou Coulibaly.
En ce qui concerne le Plan national d’investissement agricole (PNIA) qui est à sa deuxième génération, le ministre de l’Agriculture et du Développement rural a révélé l’état des lieux de la mobilisation des ressources avant de dévoiler les perspectives, à savoir, la transformation de la structure du secteur agricole : « 80% des ressources ont été mobilisées dans le cadre du PNIA 2. Il s’agit maintenant, de voir comment consolider les acquis, c’est pourquoi j’invite les acteurs à plus d’efforts et de discipline, pour que le PNIA 2 nous permette de transformer la structure du secteur agricole. Pour cela, nous avons besoin d’un leadership fort en Afrique face au phénomène de la migration, parce que le secteur qui permettra de fixer la jeunesse africaine, c’est le secteur agricole. C’est aussi cela l’un des avantages du secteur agricole au niveau de la lutte contre le changement climatique.
Olivier Dion

Source: http://news.abidjan.net/h/612680.html

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AGRICULTURE NEWS #32: Côte d’Ivoire/ Les directives du Conseil du café-cacao pour la campagne intermédiaire 2016-2017 de commercialisation du cacao

AGRI News 32

Abidjan, 03 avr (Agrici.ci) – Dans le cadre de la campagne intermédiaire de commercialisation du cacao 2016-2017 ouverte samedi pour s’achever le 30 septembre, le Conseil du café-cacao énonce, dans un communiqué de presse transmis dimanche à l’AIP, des directives destinées à la réussite de cette opération.

« La campagne principale a fait place depuis quelques jours, à la campagne intermédiaire qui a pour particularité un grainage élevé des fèves. Pour tenir compte de cette caractéristique, le marché international a pour principe d’appliquer au prix du cacao, une décote qui reflète le niveau du grainage », situe l’organe de régulation, de stabilisation et de développement de la filière café-cacao.

Ainsi, intégrant ce principe dans la fixation du prix au producteur pour la campagne intermédiaire, le Conseil du café-cacao a arrêté diverses dispositions, après propositions au Gouvernement.

Celles-ci stipulent que le prix garanti aux producteurs, sur toute l’étendue du territoire pour la campagne intermédiaire 2016-2017 est fixé à 700 francs CFA/Kg bord champ pour le cacao bien fermenté, séché et trié; aucune réfaction n’est autorisée sur le prix d’achat garanti de 700 F CFA/Kg quel que soit le niveau de grainage observé; le différentiel ramassage est fixé au barème à 80 F CFA/Kg ».

Le seul prix admis à l’entrée des usines de conditionnement (hors transport) est celui fixé au barème qui est de 780 F CFA/Kg; le coût du transport du centre de collecte au port est calculé à partir de la table officielle de TKM (Tonne Kilométrique) diffusée par le Conseil du café-cacao ; le renforcement du dispositif opérationnel de contrôle pour le respect du prix garanti au producteur ; la date du 01 avril 2017 est retenue comme date d’ouverture de la campagne intermédiaire cacao 2016/2017.

« Nous invitons nos chers parents producteurs, à fournir du cacao de bonne qualité afin de redorer le label de l’origine ivoire. Aux acheteurs de produits et aux exportateurs, il est demandé davantage de vigilance et de rigueur sur la qualité du cacao à acheter, mais aussi et surtout d’observer le strict respect du prix minimum garanti », conclu le Conseil du café-cacao.

(Agrici.ci)

Source: https://www.agrici.net/2017/04/03/cote-divoire-directives-conseil-cafe-cacao-campagne-intermediaire-2016-2017-de-commercialisation-cacao/

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AGRICULTURE NEWS #31: Baisse des cours mondiaux: le prix du cacao passe de 1100 F à 700 FCFA /Kg pour la campagne intermédiaire en Côte d’Ivoire

AGRI News 31

Abidjan (Côte d’Ivoire) – Le prix bord champ du cacao, pour la campagne intermédiaire, a été fixé à 700 FCFA/Kg, annonce le Porte-parole du gouvernement, le ministre de la communication, de l’économie numérique et de la poste, Bruno Nabagné Koné, à l’issue d’un Conseil de ministres présidé, jeudi, par le Chef de l’Etat, Alassane Ouattara.

‘’Le gouvernement a décidé de fixer à 700 FCFA le kilo le prix garanti d’achat du cacao bord champ pour la campagne intermédiaire 2016-2017. C’est une baisse importante, le gouvernement en a conscience et tient à faire en sorte que ce prix soit respecté’’, a précisé M. Koné à la presse, ajoutant que la campagne de commercialisation démarre le 1er avril prochain.

Mi-septembre 2016, le gouvernement avait fixé le prix à 1100 FCFA le kilogramme de cacao bord champ pour la campagne agricole ouverte début octobre. Expliquant la baisse du prix, le porte-parole du gouvernement a évoqué la ‘’hausse’’ de la production par rapport en 2015 ‘’d’environ 20%’’.

‘’Nous pouvons également indiquer les prix au niveau international qui ont fortement baissé au cours de la période. Ces prix s’affichaient en début de période en équivalent à 1404 FCFA par kilo et ont fini en fin de campagne pratiquement à 1200 FCFA, voire même en dessous puisque nous avons eu des prix planché aux environs de 1100 FCFA’’ a indiqué le ministre Bruno Nabagné Koné.

Selon lui, deux ‘’impacts’’ ont milité dans la ‘’fixation’’ du prix pour la campagne intermédiaire. ‘’Premièrement, il y a l’impact qui vient de la baisse importante au plan international du prix d’achat du cacao et deuxièmement, l’impact d’une décote qui est faite habituellement même si au cours des deux dernières années, cette décote n’a pas été appliquée (…) pour tenir compte des fèves qui sont de moindre qualité au cours de la campagne intermédiaire’’, a encore expliqué M. Koné.

Ces fèves, selon lui, sont moins riches en matières grasses donc plus difficiles à traiter.
Cependant, tenant compte de l’engagement du chef de l’Etat ivoirien mis en œuvre depuis 4 ans, a poursuivi Bruno Koné, à savoir ‘’servir aux paysans au minimum 60% du prix CAF, nous avons pu observer que le prix servi aux paysans, payé bord champ aux agriculteurs de Côte d’Ivoire est passé à peu près 700 FCFA en 2011 à 1100 FCFA en 2016’’.

‘’C’est une évolution très importante qui est à saluer qui a fait beaucoup de bien à la filière, à nos parents paysans. Mais cet engagement malheureusement s’applique dans les deux sens. Il s’est appliqué quand les prix étaient en hausse, ce qui a été compris par tous. Il s’applique malheureusement quand les prix sont en baisse’’ a-t-il rappelé.
M. Koné a souligné que le gouvernement a décidé de sacrifier un certain nombre de ressources budgétaires.

‘’Ainsi, la taxe d’enregistrement passe de 5% à 0%, au plan de la parafiscalité, des taxes sont passées pour la première de 2,4 à 1,6%, pour la deuxième 0,4 à 0,1% ’’, a dit le Porte-parole du gouvernement, mettant en exergue ‘’les efforts qui sont faits par l’Etat pour compenser, pour atténuer l’impact de la baisse’’ au plan international du prix.

Au cours d’une rencontre d’explication avec les producteurs dans l’après-midi, le Président conseil d’administration du Conseil du café-cacao, Lambert Kouassi Konan a évalué la suppression de la taxe d’enregistrement à 43,4 milliards de FCFA. Selon lui, l’Etat va injecter ce montant pour soutenir le prix de 700 FCFA/Kg. ‘’Nous avons reçus des instructions du Président de la République pour trouver des solutions innovantes’’, a-t-il ajouté.

‘’Ce n’est pas normal qu’avec 60% de la production mondiale (Côte d’Ivoire et Ghana) nous subissons les cours (mondiaux). Les cours ont perdu leur valeur en si peu de temps’’ a fustigé la Directrice générale du Conseil Café-Cacao, Massandjé Toure-Litsé, annonçant une réunion dans les prochains jours avec le Ghana Coco board pour dégager des pistes de solutions à cette situation.

Le Conseil du café-cacao est la structure chargée de la mise en œuvre de la politique d’amélioration de la qualité de la production cacaoyère et l’accroissement de la production du café. Il y a quatre ans que cette structure a été mise en place dans le cadre de réforme de la filière café-cacao.

Pour une amélioration substantielle des conditions de vie des producteurs , le Chef de l’Etat Alassane Ouattara a décidé de garantir aux producteurs un prix égal au moins à 60% du prix CAF (coût, assurance, fret).
Les bonnes tendances qu’accumule la filière phare de l’économie ivoirienne depuis quatre ans sont justement dues à la réforme engagée par le gouvernement depuis 2012.

En Côte d’Ivoire, plus de sept millions de personnes vivent directement ou indirectement de la filière cacao qui contribue à hauteur de près de 20% au Produit intérieur brut (PIB) du pays.
LS/APA

Source: http://news.abidjan.net/h/612440.html

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AGRICULTURE NEWS #30: Campagne coton 2016-2017 : La filière opte à nouveau pour le zonage

AGRI News 30

Niakara, 23 Mars (agrici.net) – Le Conseil du Coton et de l’anacarde a entamé ce Mercredi 21 Mars dans la localité de Niakaramandougou, une mission de sensibilisation des acteurs sur le zonage de la filière coton.

Décidé par le Gouvernement ivoirien dans le cadre de la réforme de la filière coton adopté en mars 2013, ayant été concrétisé par le décret n°2016-1153 du 28 Décembre 2016 portant institution du zonage agro-industriel dans la filière coton, le principe du ‘’zonage’’ consiste en l’attribution de zones exclusives d’intervention à chacune des sociétés cotonnières sur la base d’une convention de concession et d’un cahier de charges.

« L’avantage de ce schéma est d’optimiser les coûts de production en évitant par exemple pendant la commercialisation que des sociétés cotonnières aillent chercher le coton graine au delà du rayon économique avec pour conséquence le renchérissement du coût de production du coton ivoirien et donc sa non compétitivité. », a souligné le PCA du CCA, M. BAMBA Mamadou.

Dans la pratique, le découpage s’est fait comme suit : « Le bassin cotonnier a été découpé en 18 zones dont 16 appelés Zones Exclusives d’Activités (ZEA), et ont été définis autour des unités d’égrenage existantes et attribuées aux sociétés cotonnières de ces unités. Deux zones appelées Zones de Développement du Coton (ZDC), autour de Bouna et Touba ont été laissées libres pour donner la possibilité au Gouvernement de répondre à de futurs projets d’installation e nouveaux opérateurs ou d’expansion d’opérateurs existants. », a expliqué M. Adama COULIBALY, DG du CCA.

Selon lui, le zonage qui va être mis en œuvre dans la campagne 2016-2017 va dans le sens de privilégier l’intérêt de la filière coton et de ses acteurs. Il va permettra le rétrécissement des distances effectuées par les sociétés cotonnières dans l’acheminement de leur produit et va leurs permettre de diminuer les coûts de transport du coton.

« Avant nous étions pas d’accord pour le zonage mais maintenant nous avons compris qu’il faut aller au zonage pour pouvoir faire du bon coton, pour pouvoir produire la bonne qualité de coton et aussi la quantité du coton, pour qu’aussi chacun de notre département puisse être aider par les sociétés cotonnières (…) », a souligné M. YEO Lagaton, PCA des producteurs de coton de Cote d’Ivoire.

Aux sorties de cette séance de sensibilisation des acteurs de la filière coton de Niakara qui ont répondus présent à cet appel et qui ont portés un intérêt particulier au principe du Zonage, le DG M. Adama COULIBALY a exhorté l’ensemble des cotonculteurs et les différentes sociétés cotonnières à participer à la mise en œuvre effective de ces découpages pour le bien être de la filière.

Notons que la Cote d’Ivoire a connue une baisse de 31% de coton lors de la campagne 2015-2016, soit 310 000 T contre 450 000 T en 2015.

Source: https://www.agrici.net/2017/03/23/campagne-coton-2016-2017-filiere-opte-a-nouveau-zonage/

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AGRICULTURE NEWS #29: NIAKARA/Les prix de l’anacarde grimpent, les vols dans les plantations aussi.

AGRI News 29

Niakara (agrici.net) Aujourd’hui, le planteur d’anacarde à Niakara se frotte les mains. Le prix du kilogramme de la noix de cajou connaît un record sans précédent. Il oscille entre 750 et 850 frs cfa contre 440 frs, prix bord champ fixé par le gouvernement.

Si cette situation est salutaire, il y a une autre qui l’est moins. Ce sont les vols de ce produit dans les plantations, voir même parfois dans les maisons et autres magasins de stockage. Concernant la flambée des prix d’achat, ce sont des paysans heureux qui ne demandent que la situation perdure. <>, a déclaré Coulibaly Katinan Benoît, planteur à Arikokaha.

Cet avis est partagé Koné Seydou qui demande à l’État de doter la région de Niakara d’unités de transformation qui achèveront de stabiliser définitivement les prix. <>, a-t-il plaidé.

Mais tous se plaignent du phénomène des voleurs de la noix de cajou. << Nous souffrons énormément avec les voleurs. Toute ma récolte journalière du jeudi 16 mars dernier à été volée au champ. Les prix sont bons, mais nous ne dormons pas à cause des voleurs. Nous sommes obligés d’être à tout moment au champ pour ne pas laisser libre cours à ses malfrats>>, a dit Talnan Laurent qui a également tancé les bouviers dont les bêtes, singulièrement les bœufs, leur causent aussi des ennuis. Selon lui, lors qu’ils pénètrent dans une plantation, les bœufs qui sont friands de la pomme d’anacarde, avalent avec elle, la graine. On peut donc le dire, la campagne 2017 de l’anacarde dans le département de Niakara s’annonce sous de bon auspice pour les producteurs. Mais comme dit l’adage, mieux vaut prévenir que guérir, il faut prendre maintenant des mesures sécuritaires pour parer à toute éventualité de braqueurs qui pourraient sévir dans la région.

PEDRO COULIBALY, pour Agrici.net

Source: https://www.agrici.net/2017/03/22/niakarales-prix-de-lanacarde-grimpent-vols-plantations/

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AGRICULTURE NEWS #28: Qui profite, ou pas, de la chute vertigineuse des cours du cacao?

 

AGRI News 28La chute des cours du cacao, une bombe sociale en Côte d’Ivoire. C’est le titre d’une dépêche de l’AFP. Les cours du cacao sont toujours très fluctuants, la glissade des prix est-elle vraiment si forte?

Un chiffre suffit pour l’ illustrer : moins 40 % en six mois, le niveau le plus bas depuis huit ans. Laurent Pipitone est directeur de la division économie à l’ICCO, l’Organisation mondiale du cacao. Pour lui, cette chute est vertigineuse :  » C’est une chute particulièrement importante qui nous inquiète à l’ICCO tout simplement parce qu’une telle glissade va affecter de façon importante les revenus des producteurs. Si ce niveau de prix est maintenu dans les mois voire les années qui viennent ce qui est possible, cela va affecter l’ensemble des programmes de durabilité qui ont été mis en place. On ne peut pas avoir de cacao durable si les producteurs de cacao n’ont pas de revenus suffisants pour subvenir à leurs besoins et restent à un niveau de pauvreté important « .

Niveau garanti

 Les deux pays principalement concernés sont la Côte d’Ivoire et le Ghana, 60 % du marché mondial à eux deux. Le niveau des prix y est pour l’instant garanti aux producteurs, mais un nouveau prix sera fixé au printemps. C’est alors que la bombe sociale pourrait éclater.

La chute des prix affecte les producteurs de cacao. A l’autre bout de la chaine, est-ce que les consommateurs en profitent ? Cela semble aller de soi, mais ce n’est pas le cas ce qui mérite quand même quelques explications.

Entre le cultivateur et celui qui déguste sa tablette de chocolat, il y a de nombreux intermédiaires. Ethiquable est une entreprise française spécialisée dans le commerce éthique. Christophe Uberhart est un des cofondateurs et le responsable des filières :  » En général quand il y a une baisse des cours des matières premières, les grands opérateurs ne la répercutent pas forcément aux consommateurs. Nous allons toujours payer nos tablettes de chocolat au même prix et ce sont plutôt les acteurs de l’aval de la filière, les transformateurs, les fabricants qui vont bénéficier de ces nouvelles marges et ce sont les producteurs qui vont en pâtir « .

Question de marge

Finalement, les seuls gagnants de cet effondrement des prix sont donc les intermédiaires et notamment les fabricants de chocolats. Le cacao intervient pour environ un tiers dans le prix de vente du produit fini. Quand les cours baissent, la marge du chocolatier augmente.

Pour Jean Galler, c’est logique et même nécessaire :  » Le secteur du chocolat n’est pas un secteur qui gagne énormément d’argent. Si c’était comme dans certains secteurs où les bénéfices sont énormes, le chocolatier pourrait envisager une diminution pour en faire profiter le consommateur. Mais ce dernier bénéficie déjà de prix bas toute l’année en Belgique. Quand les cours du cacao diminuent comme c’est le cas pour le moment, cela permet au chocolatier d’en revenir à des marges un peu plus normales « .

Un raisonnement économiquement logique. Mais tout en amont, le producteur doit quand même se dire qu’il joue dans une pièce dont le scénario lui échappe totalement. Le mot de la fin de Laurent Pipitone :  » Je suis inquiet et je pense que cela pourrait avoir des répercussions de long terme. Si le marché du cacao n’est plus profitable pour les producteurs, beaucoup vont souffrir, nombreux vont rester parce qu’ils n’ont pas d’alternative, d’autres vont quitter la production de cacao « .

Source: https://www.rtbf.be/info/economie/detail_qui-profite-ou-pas-de-la-chute-vertigineuse-des-cours-du-cacao?id=9549378

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